Il pleut, il pleut des cordes sur Paris. Le sol pavé est humide, les parapluies glissent le long des trottoirs et les voitures stationnent au feu rouge.
Je referme le rideau de mon appart, un petit studio, tout en haut d'un immeuble gris.
J'avais prévu de partir me promener à la Tour Eiffel, je voulais voir à quoi ressembler le monument mouillé. Je voulais pouvoir me manger une crêpe au nutella en haut du Trocadero.
Je sortis de mon immeuble, je courus au coin de ma rue prendre la première station.
Juste avant les escaliers, je fais tomber quelques gouttes de pluies sur mon visage pour me rafraichir après ma course le long de la route, puis je m'engouffre dans la bouche de métro.
Je monte, je descends, je remonte et je redescends, avec ou sans escalator.
Et je finis par arriver sur le quai. Il est là , juste devant moi, l'homme, l'homme, celui dont je rêve toutes les nuits, celui dont toutes les femmes de cette terre rêve de rencontrer un jour. Vous savez très bien de qui je parle. L'âme s½ur, mon âme s½ur est juste devant moi. Je me stop à coté de la poubelle remplie de cannette de bières. Le métro à ses portes ouvertes. Et lui, les lèvres entrouvertes. Et moi, les yeux écarquillés. Je le regarde. Ma pensée est rentrée dans les siennes.
Vous connaissez cette sensation quand vous passez un examen, cette sensation d'être passé au rayon X, d'être complètement mis a nu ... Là c'était la même, j'avais chaud, froid, j'étais frustrée, rayonnante ... Il tenait la barre du métro. Nous étions l'un en face de l'autre avec seulement 3 mètres qui nous séparaient, mais à la fois à des kilomètres de la réalité. Il n'y avait plus rien, juste nous et le métro, juste la barre du métro et la poubelle, juste ses lèvres et mes yeux. Adossé contre un mur, me caressant la nuque, posant ses mains sur mes hanches, descendant le long de mon dos ... Les images défilèrent pendant une fraction de seconde devant mes yeux. La sirène, le signalement de la perte de sa recherche personnelle tout le long de sa vie va s'en aller. Les portes de la chenille infernale se ferment, le clique métallique retentit dans tout le couloir souterrain. Je le vois s'éloigner, complètement impuissante, je fais un pas, il met sa main sur la fenêtre. Et il s'éloigne ...
